Un Noël dans le noir cette année ?

12 novembre 2013 – De nombreux industriels du secteur de l’énergie demandent à l’Europe de revoir son système de subventions. Selon eux, elles celles-ci conduiraient à un risque de coupure d’électricité sans précédent cet hiver.

La faute aux énergies renouvelables ?

Plusieurs énergéticiens européens regroupés autour de GDF Suez et Eni se sont réunis pour dénoncer les subventions européennes aux énergies renouvelables. Selon eux, elles fausseraient l’équilibre du marché. Le risque n’est pas que concurrentiel : la France pourrait connaître des coupures d’électricité en cas de pics importants de consommation. Les subventions devaient originellement compenser les coûts de production supérieurs des énergies solaires et éoliennes afin de permettre leur entrée sur le marché de la production d’électricité. Selon les professionnels du secteur, ces énergies seraient aujourd’hui suffisamment matures pour être soumises au libre jeu de la concurrence.

En effet, la compétitivité nouvelle des énergies renouvelables a défavorisé certaines énergies traditionnelles, principalement le gaz. Les centrales fonctionnant au gaz, certes plus couteuses, permettent toutefois de produire de l’énergie lors des pics de consommation hivernaux. Les énergies renouvelables qui les remplacent sont en revanche dépendantes de facteurs météorologiques, moins souples que les centrales au gaz. 

Le retour du charbon

Les centrales au gaz ne subissent pas que la concurrence du solaire et de l’éolien. Le constat de 11% de centrales électriques fermées par les producteurs seraient également dû au regain d’intérêt de l’Europe pour le charbon. En effet, l’exploitation de gaz de schiste aux Etats-Unis a fait chuter les prix outre-Atlantique. L’Europe s’est donc mise à consommer un charbon à bas prix, au détriment du gaz. Paradoxalement, le risque de coupure serait ainsi corrélé à une augmentation des surcapacités. Les surcapacités de production ont augmenté de 26% en 10 ans en Europe. En revanche, en consommation de pointe, l’Europe serait en sous-capacité.

Selon le gestionnaire de réseau RTE, les risques de coupure généralisés sont en revanche minimes. La production ne doit pas permettre plus de trois heures de coupure par an. Ces marges seront assurées jusqu’en 2018 sans capacités supplémentaires, rassure RTE. En outre, les centrales au gaz fermées sont en capacité d’être relancées dans le cas où elles redeviendraient rentables.

L’interconnexion sauvera l’Europe

Pour beaucoup, la sécurité énergétique européenne passera par l’interconnexion des réseaux. Imaginez un monde dans lequel les marchés de l’électricité sont connectés. Un pic de consommation en France peut être couvert par des capacités non utilisées en Allemagne. L’interconnexion est en cours de réalisation, notamment grâce à l’ouverture de marchés infra-journaliers entre la France et ses voisins. 

D’autres sont persuadés que les consommateurs seront bientôt près à réduire leur consommation en période de pointes. Des offres sont à l’étude et pourraient venir compléter les nouveaux compteurs intelligents qui devraient équipés tous les foyers d’ici 2017 et les renseigneront précisément sur leur consommation.